Plein FAR sur… La Belgique.

La Belgique est un territoire qui porte de nombreux projets de réhabilitation concernant les lieux de culte. De plus, Mouscron est depuis 1996 jumelée avec Tourcoing, où est situé le projet de reconversion de l’ancienne église Saint-Louis.   
Dans un article diffusé fin 2016, l’évêque de Bruxelles signalait que de trop nombreux sites cultuels étaient en péril et qu’à la vue des besoins de la ville, il serait nécessaire de repenser l’occupation de ces lieux de culte devenu pour beaucoup, déserts. L’idée serait plutôt d’associer lieu de vie et lieu de culte, un partage qui pourrait être la solution a adopter pour satisfaire tous les partis.

« Cette polémique enfle à l’heure où la Région bruxelloise connaît un manque criant de logements et d’écoles. La désacralisation des églises apparaît, selon l’évêque de Bruxelles, comme une solution "en phase avec la réalité". Deux projets concrets de désacralisation illustrent cette réalité. La commune de Boitsfort a annoncé que des logements allaient être créés au sein de l’église Saint-Hubert, qui conservera un espace limité au culte. "Rénover cette église aurait coûté une fortune, d’autant que Boitsfort compte déjà cinq églises sur son territoire pour une population de près de 25.000 habitants, explique Mgr Kockerols. Il faut être réaliste. Dans le cas présent, on rend service à la société en permettant d’affecter une fonction logements à ce lieu peu fréquenté." Même constat pour l’église Saint-Vincent de Paul, à Anderlecht, qui n’accueille plus de communauté chrétienne signifiante, et pour laquelle d’importants travaux de rénovation s’imposaient. L’aménagement et la gestion de ce bâtiment sera donc confié à l’école Sint-Goedele. »

De ce fait, on se souvient de l’église sainte-Catherine de Bruxelles dont le projet de désacralisation avait fait grand débat, et qu’après de nombreuses idées de reconversion « non-spirituels », l’édifice était finalement resté dédié au culte. Ceci montre bien que malgré l’actualité fragile des lieux de culte, et les solutions proposées, il n’est pas toujours évident de faire accepter le changement et l’évolution des mœurs.              
Aussi, à Anderlecht, une église abritera une école. Une réhabilitation qui semble plutôt logique et bien perçu pour ce lieu d’accueil et de transmission. Au contraire, d’autres projets sont plutôt mal accueillis par la population, des projets qui semblent tendre vers l’intérêt économique et non de bien commun. Par exemple à Boitsfort, une église a été racheté à la commune par un particulier, pour un projet de logements. Certes, l’édifice est sauvé en partie mais les habitants ont beaucoup de mal à accepter cette prochaine transformation qui est bien loin de respecter l’âme du lieu et dont les informations manquent actuellement de transparence envers les citoyens. Plus loin, à Asquillies, un particulier fait l’acquisition du phare urbain et y imagine son habitation. C’est ainsi un espace totalement ouvert dans l’esprit du loft qui est créé. A l’intérieur, il n’existe plus rien qui pourrait faire penser au lieu d’origine. Tout est épuré et aseptisé du moindre symbole spirituel. D’après le propriétaire, après la désacralisation et la désaffectation du lieu, l’achat en 2014 puis la validation du permis de construire ont pu se réaliser rapidement sans encombre. Cette église anciennement communale a toutefois été vendue avec des clauses restrictives notamment l’interdiction de déplacer ou supprimer certaines tombes du lieu…          
A Mechelen, une église est transformée en hôtel de luxe. Bien que des clients semblent apprécier la spiritualité qui s’en dégage, d’autres personnes n’acceptent pas ces bouleversements. Un autre modèle hôtelier est né à Mons, dans un édifice ayant d’abord accueilli un hospice, puis une communauté religieuse et enfin une école. Un vrai défi architectural entre préservation du lieu et mise en norme. Aussi on pensera à l’ancienne église Sainte-Marguerite de Tournai, réhabilitée en lofts.
A Namur, c’est en l’espace culturel d’Harscamp que l’église Notre Dame renaît. Un lieu qui respecte le patrimoine, la culture et l’âme du lieu. Il est souvent plus apprécié de transformer les anciens lieux de culte en espace culturel et/ou de bien commun et non en espace privé, qui ne permet pas l’accès à tous.

caroline

tourcoing