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Le 09/08/2017, FARLAB rencontre Luc Parin, propriétaire de l'église St Denis de Becquincourt à Dompierre-Becquincourt, petite commune de la Somme, au cœur des Hauts-de-France: sa commune est située à 2km du centre géographique de la région.

Une arrivée Farlabante !!

Luc nous contacte par téléphone et nous présente son beau projet par email : nous l'invitons à venir rencontrer Silvany Hoarau, à l'église du quartier de l'Epidème à Tourcoing.            
Luc est arrivé à Saint Louis dans son Combi VW orange, pantalon assorti, les bras chargés de provisions pour tous les volontaires du chantier participatif, alors en cours dans l'église pour créer le café culturel du Ô Lieu (de bons produits de la ferme familiale qu'il a d’ailleurs cuisiné avec art et amour pour le plus grand bonheur de la Saint-Louis-Family !) Après un deuxième aller-retour vers son véhicule, le voilà plein de bouquins sur ses sujets favoris et d'un carton rempli de... savon de Marseille véritable"Tenez ça c'est cadeau ! "
Mis au parfum, on a tout de suite compris que Luc avait la main sur le cœur !          
Il traverse ensuite la porte d'entrée de l'église et... "wao" souffle coupé, sourire aux lèvres : <<Bienvenue à toi>> ! Les rencontres avec Tairou Bodian, artiste peintre de Saint-Louis, et Ludovic, artiste sculpteur, se font facilement, et la visite de l'édifice se déroule, accompagnée du drone pour ne surtout pas perdre une seule image, et capter les premières émotions, en attendant la venue de Silvany Hoarau, propriétaire du lieu.      
(On vous laisse imaginer ce qu'il se passe quand deux passionnés un peu fous, se découvrent des valeurs communes, des ambitions partagées et des rêves en communs ... !)

Une sacrée histoire !!

En fait pour Luc, tout commence il y a quelques années... Diplômé de l’école de commerce Espeme Lille (Edhec MBA) en 2000, il travaille un an sur la création d’une trottinette électrique avec l’Ecole Centrale de Lille mais ne trouve aucun financement dans la région et abandonne son projet.  Suite à un voyage en Birmanie, il redécouvre sa région et décide de réaliser un de ses rêves : trouver un bâtiment patrimonial a réhabiliter. Il a d'abord comme idée de racheter un bâtiment en ruine à Wissant sur la côte pour y créer son propre restaurant, mais la vente est impossible... Peu de temps après, son père lui propose une idée un peu folle " tu n'as qu'à racheter l’Église de Becquincourt !" Ce qui n'est pas du tout au goût de Luc qui trouve l'idée délirante mais, lorsque par curiosité il découvre la nef, puis les cloches, alors c'est le coup de foudre : "il s'est passé quelque chose de magique et je savais que j'allais l'acheter" (bien qu'à ce moment-là, elle n'était pas à vendre et appartenait toujours à la commune qui l'utilisait comme décharge municipale) « Il y avait plus de 500 pigeons à l’église, tous les vitraux étaient cassés ou remplacés par des parpaings. Un tas de déchets de tous types s’amoncelait face à moi dans une jungle écœurante, j’ai trouvé une échelle et je suis monté au premier étage du clocher, la trappe pesait plusieurs dizaines de kilos avec les fientes de pigeons, j’avais les pieds sur une échelle cassante et j’ai pris une énorme bouffée de plumes avant de découvrir un escalier en chêne et deux autres étages. Tout en haut, je pouvais voir deux cloches, je suis monté j’ai vu la plaine au loin, je savais que j’avais une mission, j’étais heureux.»             
Pas de temps à perdre pour Luc qui contact Monsieur le Maire et annonce son projet : "je veux faire un restaurant dans l'église où je pourrai servir les produits frais de mes parents ». Luc n’a que 23 ans et à l’époque, il trouve le prix trop cher, ses parents hésitent. Il part vivre en Espagne mais après presque un an, il revient quand il apprend qu’un couple va acheter l’église pour en faire une habitation. Il refait une proposition au maire qui valide sa demande avec le conseil municipal.  Alors, pendant 5 ans il travaille sur son idée, en recherchant le meilleur et en essayant d'éviter le pire. Aidé par le Conseil Municipal il organise un gros nettoyage de l'église et il contacte un jeune cabinet d’architectes lillois créé par une de ses connaissances. Il dépose un permis de construire dans l’urgence et qu’il n’aime pas pour pouvoir obtenir une subvention de l’état de 132 000 euro qui représente 1/3 de l’investissement. Subvention qu’il ne demandera jamais car il s’installe comme webmaster le temps d’ouvrir son restaurant. « C’est ma troisième erreur après le choix du cabinet d’architectes, l’Urssaf, le RSI, la Cipav et les impôts me demandaient plus que ce que je pouvais vendre à la campagne. J’ai vécu un enfer administratif, les huissiers, les tribunaux. J’avais monté une activité pour ne pas coûter à la société et l’état m’a tout pris et m’a condamné pour cela ». Le projet au ralenti, il ne veut pas s’éloigner de l’église. En attendant, il travaille dans l’informatique pour différentes sociétés et aussi comme ouvrier agricole et sur les marchés pour son petit frère agriculteur. 5 années après l’achat, il entreprend une année de travaux sur la toiture : un travail nécessitant 3000 tuiles plates de Beauvais 1915. Grâce à internet, il trouvera son bonheur : "il a fallu que je me rende à 4 ou 5 adresses différentes autour de Beauvais, Paris et Boulogne pour retrouver les bonnes tuiles" Aidé d'un ami, l'édifice est alors mis hors d'eaux, un grand soulagement. Il trouve seulement à la fin des tuiles exactement de la même couleur foncée que celles d’origines et décide de recommencer le travail côté sud. Il faut malheureusement couper les tuiles d’un millimètre mais le résultat et la satisfaction est au rendez-vous quand le toit sud est refait strictement à l’identique.               

<<Il n'y a pas d'échecs que des obstacles…>>

Après de nombreuses recherches approfondis, Luc retrouve les plans d’une église de Becquincourt qui n’est pas la sienne, c’est l’étonnement total. En effet, les plans retrouvés sont ceux d'une église qui aurait du être réalisée mais abandonnée car les architectes avaient oublié de calculer la surface de l’ancien mur qui entourait l’ancienne église de Becquincourt et que l’état allemand devait rembourser aux titres des dommages de guerres 1914-1918. "Aujourd'hui j'espère toujours retrouver les plans, comme j'ai eu la chance de rencontrer deux descendants de l'architecte de mon église il y a peu. Il reste un espoir dans sa famille mais les chances sont faibles aux dernières nouvelles. "          
C'est alors qu’il se résigne un peu à créer un logement touristique : " je voulais depuis le début l'ouvrir au public et non pas en faire un loft pour moi ou pour le tourisme, je trouvais ça trop facile et un peu égoïste ». Au fil des années, devenu dessinateur industriel en 3D, il se lance seul dans les différents plans et versions pour économiser le chauffage et optimiser tout l’espace. « J’ai toujours dessiné et j’ai même fait une année à St Luc de Tournai quand j’avais 13 ans. ».
Pour valoriser l’édifice, Luc a l'idée de créer des cubes reliés par une passerelle et de peindre le plafond. Il commence alors ses recherches et découvre le travail de OKUDA, artiste espagnol habitué du street-art sur friches, ayant coloré l'église de Youssoufia au Maroc, une chapelle du Arkansas, et l'intérieur de l'église de Llanera en Espagne, aujourd’hui transformée en Skate-park. Il se passionne pour l’art urbain et continue de suivre assidument l’actualité de plusieurs artistes sur Internet : Okuda, The Dulk, Mantra, Cinta Vidal, Waone
Il y a 4 mois, Luc décide de contacter son artiste de street art préféré The Dulk, street artiste et fervent défenseur des animaux, qui partage entre autres, sa passion pour l’œuvre de Jérôme Bosch. Débute alors une correspondance "je lui ai écrit 5 lignes et un lien vers le site internet de l’église à 7h00 du matin et il m’a répondu super positivement à 9h00 pour me dire qu’il était intéressé par mon projet et qu’il voulait en savoir plus, j’ai renvoyé un PDF de 3 pages, il m'a répondu avec 3 pages, auxquelles j'ai renvoyé 5 pages et dont il en a rajouté 5..." Depuis, Antonio et Luc s'écrivent régulièrement et vont se rencontrer prochainement à Londres et à Valencia pour créer un projet commun : Le Plük museum. « Cela se prononce pluc, pas plouc » s’amuse Luc. «. Tous les deux animés par le plaisir de travailler ensemble, l'idée serait donc de créer un Micro-musée du street art dans l'église et l'inscrire dans Le Circuit du Souvenir de La Grande Guerre comme une étape décontractante et surprenante pour montrer le parcours et l’oeuvre de The Dulk à l’église de Becquincourt. Ainsi en visitant le Plük Museum, les visiteurs pourront découvrir le talent de Dulk, plusieurs tableaux et sculptures, un édifice de la reconstruction, ainsi que les Collines de Frise à 2 minutes, communément appelée la Montagne de Frise, jusqu'alors trop souvent ignorées des visiteurs. Les collines offrent un panorama sur la vallée et les méandres de la rivière de la Somme inoubliable.
Alors, le projet actuel reposera sur 3 espaces : Un micro Musée, une partie d'habitation et une zone évènementiel « où j'espère pouvoir accueillir des REMARIAGES, j'aime beaucoup cette idée que des grands parents puissent célébrer leur mariage à nouveau, en compagnie de leurs petits-enfants, et puis c'est un lieu de vie où il y aura aussi des concerts, des expos, de sculptures, de la photo, de la projection vidéo… Ce sera un lieu ouvert à la culture positive, active, éveillée et réaliste.»   
Luc se refuse l'idée que la seule attraction touristique de son village soit un cimetière militaire que personne ne visite et voudrait redonner de la fierté aux habitants qui ont vu la sucrerie et tous les commerces s’arrêter les uns après les autres. « J’ai arrêté mes études artistiques à 13 ans faute d’y croire, c’était ma première erreur et je voudrais permettre à des jeunes du coin de rencontrer des artistes, leur donner un local et la force de travailler leurs talents artistiques. ».

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Premières Journées du Patrimoine pour Saint Denis !

Les 16 et 17 septembre 2017, se déroulaient les journées européennes du patrimoine. A Dompierre Becquincourt, Luc Parin a organisé une première ouverture pour ses journées spéciales. Au programme: exposition DULK et musique! Pour les chanceux qui sont venus visiter l'édifice, voici de quoi vous remémorer de beaux instants:

POUR CETTE OCCASION LUC PARIN A IMAGINE EN COMPAGNIE DU FARLAB, UN T-SHIRT PARTICIPATIF:

UN T-SHIRT ACHETE = DE L'ARGENT POUR LES PROJETS DE SAINT LOUIS, SAINT DENIS ET SAINT GERARD.

ET IL Y A AUSSI DES SACS !!!

POUR COMMANDER LE VOTRE ENVOYER UN PETIT MESSAGE à communication@farlab.fr !

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Quand l'équipe FARLAB rencontre LePlük:

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En Septembre 2017, une commission FARLAB est allée en visite à Dompierre Becquincourt pour découvrir, sur le terrain, le projet de Luc Parin.

Maxime Seurin, président de l'association mais surtout Architecte du projet Saint Louis et Designer (#Tectoluce), a ainsi pu prendre connaissance du projet. Des échanges entre le propriétaire et l'architecte ont ainsi pu donner un premier diagnostique du lieu.

En parallèle, les élèves de l'ENSAP-Lille, venus également en visite ce même jour, travaillent sur le devenir de l'église...