Plein FAR sur… Les églises englouties

Sans vouloir faire échos au célèbre album Le dernier des templiers #3 l’église engloutie, je souhaite vous parler ici de quelques édifices submergés par les flots, qui aujourd’hui sont devenus des paysages incroyables faisant fonctionner les imaginaires des plus créatifs.

Commençons par un voyage en Italie. Dans le lac de Resia (Reschen) à Curon Venosta, un clocher semble flotter sur l’eau. En fait, la commune a totalement été submergée en 1950 à cause d’un barrage construit aux abords. Aujourd’hui on aperçoit toujours le clocher de cette église du XIVème siècle dans ce paysage déjà magique, entre montagnes et eaux turquoise. Parfois, l’eau se retire ou la neige recouvre le lac, ce qui permet aux visiteurs curieux de s’y approcher d’un peu plus près. Aussi, dans la baie de San Fruttuoso aux pieds de l’Abbaye, une statue représentant le Christ, d’une hauteur de plus de deux mètres, se dresse sous la surface de l'eau. L’œuvre n’a pas été englouti délibérément mais, déposée dans les années 50, à presque 20m de profondeur, comme un hommage aux disparus des mers.

Continuons notre route en Bulgarie, et plus précisément au niveau du barrage de Zhrebchevo. L’ancienne église de Saint Ivan Rilski était située dans une petite commune célèbre pour son ancienne production d’huile essentielle de rose. Malheureusement au XXème siècle, le barrage a été construit dans le but de récupérer de l’eau, ce qui a totalement submergé Zapalnia. Aujourd'hui seul quelques ruines subsistent.

Remontons jusqu’en Russie pour découvrir la cathédrale Saint-Nicolas, ou plutôt ce qu’il en reste : le clocher de Kaliazine. Dans les eaux de la Volga, il est possible d’apercevoir l’ancien édifice qui était situé sur la place du marché de l’ancienne ville, également noyée pour construire un barrage et une centrale hydroélectrique à une centaine de kilomètre de Moscou.  Bien que plusieurs bâtiments aient été détruits ou déplacés, celui-ci est toujours en partie debout et enrichi ainsi le paysage de la région de Tver. Plus au nord, un autre édifice émerge du Lac Blanc. C’est l’ancienne église de la Nativité de Jésus à Krokhino, construite au XVIIIème siècle. Ici, l’inondation a été causée par la construction du canal VolgoBalt au XXème siècle.

Changeons de continent pour visiter le Venezuela. Il y a presque 40ans, à Potosi, un lac artificiel vient plonger le village dans l’oubli. Tous les habitants doivent déménager et ainsi de nombreux agriculteurs disparaissent en même temps que leur quotidien. Aujourd’hui, le clocher de l’ancienne église nous rappelle, lorsque le niveau de l’eau est bas, le triste sort de ce village effacé des cartes.  Découvrez ici les images surprenantes de l’édifice.

Ailleurs, d’autres constructions jaillissent de l’eau : au Mexique, le Temple de Santiago a été noyé par un barrage, comme en Espagne dans le lac Médiano où l’on retrouve les ruines d’un édifice ayant connu le même sort. Aussi en Inde, l’église Saint Rosaria tente de rester debout, comme tente de le faire les église Saint Nicholas en Macédoine et à Petrolandia au Brésil. Récemment en Turquie dans le lac de Iznik, ont été découvertes par des archéologue des fondations d'un lieu de culte qui dateraient du cinquième siècle après JC.

Plein FAR sur… Le Royaume Uni

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Il faut savoir que le nombre d’églises transformées au Royaume-Uni est plus élevé qu’en France, alors que le pourcentage de chrétiens allant à la messe est plus élevé au nord de la Manche qu’au sud.
Beaucoup d’édifices sont vendu à des particuliers car dans ce pays, l’État ne subventionne aucune restauration de patrimoine. Cependant les restaurations sont surveillées par l’Église d’Angleterre, et la démarche pour y atteindre et longue de négociations. La majorité des reconversions profanes sont acceptées sous réserve qu’il n’y ait aucun lien avec le diable, les pêchés ou autre transgression consciente et volontaire de la loi divine.  

A Liverpool (une ville qui pourrait être comparée à Toulouse en termes de superficie et du nombre d’habitants), de nombreux édifices sont en ruines. Cela s’explique par la diminution soudaine de la population, et le détachement au catholicisme de la part des habitants. Le niveau de vie à Liverpool est très bas et certains édifices sont réutilisés pour redynamiser la ville et faire revenir les classes moyennes, sans non plus aller vers l’embourgeoisement des quartiers. C’est pourquoi plusieurs promoteurs voient dans ces édifices des opportunités pour créer des logements et habitations privés, alors que d’anciennes églises sont transformées en magasins, centre sportif, lieux culturels et d’expression artistique.          
Par exemple, l’église Saint Peter du XVIIIème Siècle, est aujourd’hui un bar-restaurant-salle de concert.  Alma De Cuba accueille en effet en ce lieu de nombreux clients venus goûter à l’ambiance Gospel & Latino-américaine. Des soirées à thèmes y sont organisées, façon carnaval de Rio, EVJF, Halloween, anniversaires… Alors que des peintures d’origines ont été conservées, beaucoup de croyants se sentent choqués de la reconversion de l’ancienne église. Lieu privatisable, il y est aussi possible de réserver l’espace autant pour du coworking que pour y célébrer… son mariage.

Ailleurs dans le pays, on notera des reconversions jugées « réussi » par l’Eglise d’Angleterre, comme Saint Paul à Bristol transformée en école de cirque (Circomédia) ou Saint Bénédict à Manchester réhabilitée en salle de sport et d’escalade. Cependant certaines reconversions font polémiques comme à Muswell Hill avec le O’Neills Pub, qui on l’imagine n’est pas le lieu préféré des représentants de l’Eglise, ou encore à Westbourne, où la chaîne Tesco a investi une église méthodiste pour y implanter un supermarché.

D’un point de vue design & architecture, certaines reconversions sont de vrais bijoux. A Londres, l’église des Saints Sauveurs est réhabilitée de façon très contemporaine, depuis 2004, en maison de luxe avec décorations en or, objets de créateurs, et cinéma privé ; comme le cas de Victorian Westbourne Grove Church à Nothin Hill dont l’ancienne façade conservée ne laisse pas imaginer un intérieur si contemporain et épuré. Légèrement plus rustique, à Kyloe, l’architecture d’origine est conservée et la décoration sobre et discrète fait tout le charme du lieu. On fait aussi référence à la chapelle art déco de Suffolk ou encore à l’ancienne église de Lincolnshire où la restauration a permis de conserver le côté mystique du lieu tout en dégageant chaque espace des peintures et objets d’origine.

Plein FAR sur... Sport et églises au Québec

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Il y a 10 ans, le nombre de lieux de culte reconvertis s’élevait à 30/an. En 2012, 7% été transformés en maisons privées, 8% en lieux culturels, 12% démolis et 17% reconvertis en un autre lieu de culte.

L’esprit sportif

Aujourd’hui, des anciens lieux de cultes du Québec accueillent des espaces sportifs, mais cela n’a pas toujours été imaginable. En 2007, le thème du sport et de l’Église a fait état d’une thèse : « L’Église et le sport au Québec à la lumière du concept d’acculturation » par Roger Boileau, doctorant en sociologie. Il est également possible de découvrir un article de 2013 de Roger Boileau intitulé « Du refus à l’acceptation : l’Église et le sport au Québec » diffusé et préservé par ERUDIT (dont la mission est de promouvoir et valoriser la recherche universitaire). Roger Boileau nous apprend alors dans cet écrit très intéressant, qu’au Québec, le sport est arrivé en même temps que la culture anglophone à la fin de la Nouvelle France et que cela a bouleversé le quotidien de l’Église par le rapport aux corps et leurs proximités, les habitudes vestimentaires, le nouveau vocabulaire anglophone, et les nouvelles dates ajoutées au calendrier qui se calquaient alors sur l’agenda religieux. Petit à petit, l’Église accepte le sport et de ce fait l’association des cultures francophone et anglophone. Ainsi, se sont développées des infrastructures sportives et des événements liés aux loisirs, en accord avec les diocèses et les paroisses.

Quelques exemples de reconversion

En 2009 à Sherbrooke , l’ancienne église se transforme en centre d’escalade. Aussi, à l'automne 2017 verra le jour à l’ancienne église de Saguenay, un autre centre d’escalade imaginé par le groupe Beta Crux. Drôle de destin pour ces deux églises aux noms communs.
L’escalade se développe en masse sur le pays, et de tels lieux clos en péril sont des opportunités pour ces projets qui demandent, hauteur et espace. De plus, ces reconversions font échos à la volonté du pays de développer des lieux dédiés aux activités sportives et de loisirs.
L’ancienne église Saint-Esprit héberge également depuis 2003 l’école de cirque du Québec. « L’école est un lieu d’activités récréatives, de formation professionnelle, de recherches et de création en arts du cirque. »
A Montréal, le centre sportif et culturel du collège Mont-Royal est intégré dans une église moderne, l’église Saint-Bernard. Alors que la Nef accueille une « aire de jeux », une chapelle est maintenue pour offrir un lieu de culte et de recueillement. C’est un exemple qui reste surprenant par la mixité des usages dans un tel lieu.

 

Plein FAR sur… La Belgique.

La Belgique est un territoire qui porte de nombreux projets de réhabilitation concernant les lieux de culte. De plus, Mouscron est depuis 1996 jumelée avec Tourcoing, où est situé le projet de reconversion de l’ancienne église Saint-Louis.   
Dans un article diffusé fin 2016, l’évêque de Bruxelles signalait que de trop nombreux sites cultuels étaient en péril et qu’à la vue des besoins de la ville, il serait nécessaire de repenser l’occupation de ces lieux de culte devenu pour beaucoup, déserts. L’idée serait plutôt d’associer lieu de vie et lieu de culte, un partage qui pourrait être la solution a adopter pour satisfaire tous les partis.

« Cette polémique enfle à l’heure où la Région bruxelloise connaît un manque criant de logements et d’écoles. La désacralisation des églises apparaît, selon l’évêque de Bruxelles, comme une solution "en phase avec la réalité". Deux projets concrets de désacralisation illustrent cette réalité. La commune de Boitsfort a annoncé que des logements allaient être créés au sein de l’église Saint-Hubert, qui conservera un espace limité au culte. "Rénover cette église aurait coûté une fortune, d’autant que Boitsfort compte déjà cinq églises sur son territoire pour une population de près de 25.000 habitants, explique Mgr Kockerols. Il faut être réaliste. Dans le cas présent, on rend service à la société en permettant d’affecter une fonction logements à ce lieu peu fréquenté." Même constat pour l’église Saint-Vincent de Paul, à Anderlecht, qui n’accueille plus de communauté chrétienne signifiante, et pour laquelle d’importants travaux de rénovation s’imposaient. L’aménagement et la gestion de ce bâtiment sera donc confié à l’école Sint-Goedele. »

De ce fait, on se souvient de l’église sainte-Catherine de Bruxelles dont le projet de désacralisation avait fait grand débat, et qu’après de nombreuses idées de reconversion « non-spirituels », l’édifice était finalement resté dédié au culte. Ceci montre bien que malgré l’actualité fragile des lieux de culte, et les solutions proposées, il n’est pas toujours évident de faire accepter le changement et l’évolution des mœurs.              
Aussi, à Anderlecht, une église abritera une école. Une réhabilitation qui semble plutôt logique et bien perçu pour ce lieu d’accueil et de transmission. Au contraire, d’autres projets sont plutôt mal accueillis par la population, des projets qui semblent tendre vers l’intérêt économique et non de bien commun. Par exemple à Boitsfort, une église a été racheté à la commune par un particulier, pour un projet de logements. Certes, l’édifice est sauvé en partie mais les habitants ont beaucoup de mal à accepter cette prochaine transformation qui est bien loin de respecter l’âme du lieu et dont les informations manquent actuellement de transparence envers les citoyens. Plus loin, à Asquillies, un particulier fait l’acquisition du phare urbain et y imagine son habitation. C’est ainsi un espace totalement ouvert dans l’esprit du loft qui est créé. A l’intérieur, il n’existe plus rien qui pourrait faire penser au lieu d’origine. Tout est épuré et aseptisé du moindre symbole spirituel. D’après le propriétaire, après la désacralisation et la désaffectation du lieu, l’achat en 2014 puis la validation du permis de construire ont pu se réaliser rapidement sans encombre. Cette église anciennement communale a toutefois été vendue avec des clauses restrictives notamment l’interdiction de déplacer ou supprimer certaines tombes du lieu…          
A Mechelen, une église est transformée en hôtel de luxe. Bien que des clients semblent apprécier la spiritualité qui s’en dégage, d’autres personnes n’acceptent pas ces bouleversements. Un autre modèle hôtelier est né à Mons, dans un édifice ayant d’abord accueilli un hospice, puis une communauté religieuse et enfin une école. Un vrai défi architectural entre préservation du lieu et mise en norme. Aussi on pensera à l’ancienne église Sainte-Marguerite de Tournai, réhabilitée en lofts.
A Namur, c’est en l’espace culturel d’Harscamp que l’église Notre Dame renaît. Un lieu qui respecte le patrimoine, la culture et l’âme du lieu. Il est souvent plus apprécié de transformer les anciens lieux de culte en espace culturel et/ou de bien commun et non en espace privé, qui ne permet pas l’accès à tous.

Portrait de membre #2

Agathe Pety Dupont, ambassadrice FARLAB

Agathe Pety Dupont est Ambassadrice du FARLAB, membre de l’équipe pluridisciplinaire qui compose le laboratoire citoyen laïc et apolitique.

Agathe découvre l’église Saint-Louis lors d'un week-end de yoga méditatif, entourée d’habitants du quartier de l’Epidème à Tourcoing. Depuis toute petite, c’est avec sérénité qu’elle aime se ressourcer dans les églises, phares urbains chargés d’Histoire. Autour de la grande table en bois installée dans le chœur de Saint Louis, Agathe découvre le projet de réhabilitation d’intérêt collectif lancé par Silvany Hoarau. Dans le constat que nous n’étions que des « Passeurs de patrimoine » Agathe devient alors farlabeuse.

«  Je n’aurais jamais cru avoir la chance un jour de partager un repas assise au milieu du chœur, avec l’autel et le tabernacle derrière moi, la chaire un peu plus loin sur ma gauche, tout en regardant l’orgue et deux œuvres d’art en forme de cube dont l'un avec l’arbre de vie, suspendus dans la nef…. C’était magique ! »

A Saint-Louis, Agathe découvre le spectacle Piaf chanté par Marielle, une performance organisée par l’association Les Sens et L’Essence du Lieu.

«  Je n’ai fait que de belles rencontres de gens passionnés qui œuvrent pour construire le monde de demain et redonner de l’espoir et du travail aux citoyens-habitants dans le respect de la planète et du patrimoine existant. »

En devenant Ambassadrice du FARLAB, Agathe participe à créer du lien entre les différents acteurs. Elle participe à la formation du  CAUE du Nord au Salon PROJECT CITY Nord Europe 2016, et appréhende la notion de la ville de demain qui se construit dans le respect des ressources planétaires et environnementales :
Une ville durable composée de bâtiments urbains durables,  favorisant les actions anti-gaspillage, faite pour tout le monde, résiliente et qui s’ouvre aux nouvelles initiatives du citoyen-habitant. Une ville qui développe une économie de partage et d’échange, qui se reconnecte à son environnement et recherche une nouvelle économie, non marchande qui favorise des systèmes comme le troc, la réinsertion, les circuits courts, l’agriculture urbaine, les produits locaux, l’artisanat local… Une économie des ressources en privilégiant le zéro déchet, le recyclable, le respect des énergies, des matériaux, de l’environnement, un accueil participatif pour le citoyen-habitant qui réintègre son cadre de vie...

Comme le Project City, le FARLAB s’inscrit dans une démarche collaborative avec des équipes pluridisciplinaires, pour construire des villes adaptables faisant participer le citoyen-habitant.

Ensuite, Agathe a participé au Salon International du Patrimoine Culturel à Paris pour présenter le projet Saint-Louis au public, aux côtés de nombreux acteurs comme Marc CASES qui développe un concept de serre urbaine bio, afin de produire toute l’année une nourriture saine.

Le monde de demain se crée aujourd’hui avec chacun d’entre nous. Vous aussi, devenez ambassadeur(rice) du FARLAB, et prenez part aux différents projets liés au patrimoine en mutation. Continuons de créer ensemble une équipe, un réseau de praticiens issus de l’urbanisme, des sciences sociales, de l'architecture participative, des sciences politiques et de bien d'autres disciplines nécessaires à la transformation du monde contemporain. 

Ces disciplines ouvrent une place à l'observation, à la créativité, au droit à l'erreur et à l’expérimentation. Pour les mettre en pratique, le FARLAB propose de mettre en place des programmes de recherches-actions en partenariat avec les diocèses, administrations et collectivités locales, les partenaires publics et privés. Il recherche des méthodes pour mettre en place, et fabriquer une véritable action citoyenne,  propose et teste des solutions nouvelles, développe un programme partenarial, met en scène le débat, communique et échange à travers le monde, fait le lien entre des lieux à projets et des porteurs de projets. 

Portrait de membre #1

Maxime Seurin, architecte indépendant, membre du FAR LAB et responsable de son cabinet d’architecture Lilloise, à la fois architecte, créateur de mobiliers, designer d’intérieur et travailleur inconditionnel du bois. Le bois un matériau noble présent dans l'ancienne église Saint-Louis, le projet "éprouvette" du FAR LAB et pour cause Maxime Seurin est à l'origine des images 3D de reconversion de l'ancienne église, un projet qui est toujours en cours !

!Pour le blog du FAR LAB il présente son parcours :

« L'enseignement de Pierre-Louis Faloci, qui m'a formé en son agence et m'a diplômé à l'Ecole d'Architecture de Paris Belleville, m'a donné les clés d'une conception architecturale de qualité et un bon paquet d'ambition. Architecture-Studio (Paris-Shanghai-Pékin) m'a appris les outils et m'a permis d'expérimenter mon savoir à travers des responsabilités dans un pays qui laissait libre cours à mon imagination.
Aujourd'hui installé dans la métropole lilloise, j'exerce mon métier avec passion et dévouement à travers mon travail d'indépendant. Celui-ci a débuté grâce à la rencontre d'un homme et d'un bâtiment, demandeur de dessin à la hauteur de ses ambitions. »

Pour voir le projet de reconversion de l'ancienne église Saint Louis, RDV sur le site web de Maxime Seurin en cliquant ici

Patrimoine en immersion

 

La réalité virtuelle est le fait de faire percevoir à un utilisateur un monde artificiel ressemblant à un monde réel et de donner à cet utilisateur la possibilité d'interagir intuitivement et naturellement avec ce monde;

C'est est une technique maintenant mature qui trouve tout son sens pour donner à voir, à se projeter, et ce même à distance. Son utilisation se diffuse de plus en plus largement dans les lieux de culture et d’architecture : elle est un formidable vecteur pour attirer de nouveaux publics et renforcer l’attractivité d’un patrimoine. 

Dans tous les cas, le succès du dispositif repose d’abord sur la narration et les contenus : réussir à embarquer le visiteur dans une histoire du futur, créer de l’émotion, un lien plus intime qui facilite la découverte, tout veillant à favoriser le rapport avec le patrimoine « réel ». 

Le FAR LAB pense que l’immersion en réalité virtuelle dans les expériences patrimoniales va contribuer fortement à éveiller la conscience des citoyens de tous âges. Avec des contenus ludiques et pédagogiques, le patrimoine va pouvoir se trouver partout. 
Ces expériences doivent être pensées en complément d’une visite sur site que rien ne saurait remplacer.

L’expérience que nous proposons pour l’ancienne église Saint-Louis et sa reconversion spectaculaire d’un point de vue architectural est une immersion à travers la nef centrale, les fermages d’artisanat d’art en visite virtuelle, par le biais d’un casque VR HTC Vive.

Le dispositif a été développé en partenariat avec OWL vision.

Ça y est, la dynamique est lancée !

Le partenariat entre le FAR LAB et l'ENSAP de Lille pour la reconversion de l'église Saint Gérard, en trois questions ? 

Qui ?
Un « atelier », groupe de travail d'environ 20 étudiants de niveaux Master (4e et 5e années), encadré par 4 enseignants, spécialisés dans l'intervention dans des édifices existants et les questions liées au patrimoine des 19e et 20e siècles.

Gilles Maury, architecte, docteur en histoire de l'architecture, responsable du groupe ; Olivier Brasse et Alexandre Morais, architectes ; Jean-Christophe Laurent, architecte et responsable des travaux dirigés sur les techniques de construction.

Quand ?
De septembre 2016 à février 2017, les étudiants vont consacrer 16 séances de 8h, guidés par leurs enseignants. Ces heures s'accompagnent d'un important travail personnel pour chaque étudiant, qui peut les faire consacrer entre 300 à 500h environ pour chaque projet.

Comment ?
Durant chaque séance hebdomadaire, les étudiants présentent à leurs enseignants l'avancé de leur travail. Les enseignants animent, guides, rythmes les séances et donnent des directives aux étudiants pour qu'ils « avancent » dans la concrétisation de leurs idées.
L'atelier de projet est un moment de partage, de débats, mais aussi un lieu de travail. Les étudiants continuent de dessiner, d'imaginer en direct, de produire des documents qui permettent de visualiser leurs idées sur le bâtiment : dessins techniques ou d'ambiances, général ou de détail ; maquettes en carton ou modèles 3D informatisés…

Pour Saint-Gérard, l'idée d'une transformation de l'intérieur suppose un grand nombre de maquette montrant comment l'on pourra diviser l'espace afin d'y loger de nouveaux usages. Les étudiants feront des propositions réalistes, mais qui ne seront que des possibilités parmi d'autres. Les travaux des étudiants pour Saint-Gérard seront exactement du même type que ceux produits à l'ENSAP Lille depuis des années : des solutions proposées comme réflexions sur la transformation d'un édifice.

L'idée supplémentaire pour Saint-Gérard est d'impliquer les étudiants dans les débats, en tant qu'observateurs, entre toutes les personnes impliquées ou soucieuses du devenir de l'édifice. Ceci afin que leurs propositions soient le reflet de besoins réalistes.


> L'ENSAP Lille a déjà collaboré avec de très nombreux partenaires (Lille 3000, Palais des Beaux-Arts, de nombreuses mairies des Hauts de France, la MEL, Euralille…) dont le CAUE. Etudiants et enseignants ont ainsi l'habitude de dialoguer avec des acteurs réels du cadre de vie quotidien, afin de répondre au mieux aux besoins des usagers.